extrait du journal de Mayres
retour des P.O
instants de silence à l'ermitage
en dehors des mots-
la lumière éclairait partie du rétable
la dona était présente-
assise sur un des banc au dossier bas
chaque souffle au silence
silence lourd et odorant
silence des sons pris aux tympans
goût du sans limites
hors limites
corpus immobile
vaste
yeux lumière
droite
mains posées aux genoux
réceptacle
tabernacle
A
celui auquel s'enflamme le feu de la sagesse
A
celui duquel coule s'écoule l'ambre étincelante de l'ambroisie
A
unique et multiple

après le voyage en Algérie les fleurs se dresseront
tulipées
mystiques
secrètes
elles chanteront l'ivresse

je me suis sentie silencieuse
pendant la première écoute
...
Adîb al-Dâyikh
...
le son
le souffle
j'ai pleuré
...
merci

Un peu plus que des fleurs


elles ont éclos
maladroites d'abord
tremblantes enfantines

assemblées par des carrés imparfaits
au gré de chutes de papier

et puis elles se sont regroupées
ont dressé leurs pétales
au fil plein de douceur du pinceau à aquarelle

elles se sont donnée le nom de fleurs roues
se rapprocher de leurs frères
ou tout simplement pour se signifier ouverture du coeur


elles se sont tour à tour déliées et reliées page après page
unies à mon souffle
elles revenaient encore et encore
inlassables
inlassées

de papier aquarelle elles se sont habillées de papier recyclé
et là oubliant les pages solitaires
elles se sont unies assemblée mystique et joyeuse
couvrant coeur et pétales de gouache ou privilégiant
la transparence du trait



je me sentais joyeuse à les écrire
d'abord du bout des stabilos
page après page
sans pensée
oublieuse
oubliée